Mireille Tawfik, le théâtre et le développement social

Mireille TawfikAfrikamerik vous présente Mireille Tawfik. Nous l'avons rencontré à Calgary au mois d'avril 2012, dans le cadre de sa tournée avec le théâtre Motus.

"Autant dans les contrats que je signe et dans les pièces que j'écris, j'ai toujours souhaité un sens social dans ce que je fais. J'utilise le théâtre comme un instrument de développement social des communautés ", parole de l'artiste.

Mais, Mireille n'est pas seulement une artiste de théâtre. Elle vient de s'engager aussi dans le cinema. C'est une artiste polyglotte et pleinne de talent, qui n'épargne pas ses ressources pour nous émerveiller. Dans le souci de vous faire connaitre cette personnalité artistique, nous lui avons tout simplement tendu le micro…

AFRIKAMERIK (AK): Bonjour Mireille. Afrikamerik vous remercie pour le temps que vous allez nous consacrez aujourd'hui. Voulez-vous d'abord vous présenter brièvement auprès de nos lecteurs?

Mireille Tawfik (MT): Je m'appelle Mireille Tawfik. Je suis née et je vis à Montréal, au Canada. Mes parents sont d'origine égyptienne. Je suis comédienne et auteure.

(AK): Si vous êtes comédienne, cela veux dire que vous faites du théâtre mais où l'avez-vous appris?

(MT): J'ai étudié à l'Université Concordia à Montréal. J'ai suivi un programme qui s'appelle "Théâtre et développement" qui a comme objectif d'utiliser le théâtre pour le développement social. Par la suite, j'ai suivi le chemin du théâtre classique en prenant les cours pour devenir comédienne.

(AK): Comment appliquez vous concrètement le théâtre et développement sur scène ?

(MT): Autant dans les contrats que je signe et dans les pièces que j'écris, j'ai toujours souhaité un sens social dans ce que je fais. Mon travail de scène s'adresse souvent aux communautés. Après avoir joué une pièce de théâtre, j'aime bien associé le public à des discussions : c'est en fait ce que l'on appelle le Théâtre-Forum.

Mireille Tawfik | Théâtre-Forum

(AK): Je vous ai rencontré ici à Calgary dans le cadre d'une pièce théâtrale ? Quel est le rôle que vous jouez dans cette pièce?

(MT): Je suis actuellement en tournée avec le Théâtre Motus où je joue le rôle d'un petit garçon qui s'appelle Amando et la pièce s'appelle Baobab. Malgré son jeune âge, ce petit garçon est chargé d'une grande mission; celle de sauver son village en ramenant de l'eau. C'est une pièce de théâtre pour enfants mais où les adultes sont aussi les bienvenus.

(AK): A part le théâtre Motus, jouez-vous dans d'autres troupes?

(MT): Je joue avec la Compagnie Mise au jeu. J'ai aussi ma propre compagnie de théâtre qui s'appelle Face de Râ. Ma première création Marche comme une égyptienne est une pièce avec laquelle je tourne encore cette année et l'année prochaine en 2013.

(AK): Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la pièce Marche comme une égyptienne, de quoi s'agit –il exactement?

(MT): C'est une pièce en solo qui parle de la relation intergénérationnelle entre les immigrants et leurs enfants. C'est la quête identitaire des enfants nés en terre d'accueil et qui portent en eux tout ce bagage culturel multiple.

Le personnage principal de la pièce s'appelle Adrienne. Elle retourne dans le pays de ses parents, remonte l'histoire jusqu'à retrouver ses sources.Sa démarche lui a permis de comprendre toutes les histoires qu'on lui a toujours racontées.

(AK): La recherche d'identité à mon avis est une action perpétuelle. Il arrive des fois qu'on ne trouve pas de réponse à toutes les questions. A la fin de tout l'effort qu'elle a consenti, Adrienne a-t-elle été satisfaite du résultat obtenu?

(MT): Vous avez tout à fait raison. Adrienne a pu comprendre un peu plus d'où elle venait. De part l'héritage culturel de ses parents, la pièce nous montre qu'elle va maintenant faire la part des choses et décider ce qu'elle veut garder comme pensée, comme valeur. Il faut comprendre que la pièce pose aussi des questions diverses, par exemple celle des frustrations que les immigrants ont vécus dans leurs pays d'origine et qu'ils transmettent à leurs enfants par leurs histoires ou par leurs façons d'analyser les choses. Ces enfants nés dans un autre milieu culturel, ne comprennent pas forcement ces choses comme les ont vécus leurs parents. Ils respectent les frustrations des parents mais ont aussi le choix de voir les choses différemment. C'est une pièce à voir en tout cas!

Ndlr: Avec l'autorisation de l'auteure, nous publions un extraitde la pieceMarche comme égyptienne – Durée: 3 minutes et 30 secondes.



(AK): Le théâtre a toujours été proche du cinéma. Avez-vous déjà été tenté par le grand écran?

(MT): Oui je commence à faire mes premiers pas dans le cinéma. J'ai joué un rôle dans un long métrage, un docufiction sorti en 2010, qui s'appelle "The future is now". C'est un film réalisé par Gary Burns et Jim Brown. Ce film a été produit par le National Film Board et Burns Film. En tout cas, c'était une belle expériencede travailler avec des réalisateurs de cinéma.

(AK): Au delà du théâtre et du cinéma, vous avez des habiletés linguistiques et sportives qui vous aident dans votre carrière, n'est ce pas?

(MT): Oui je parle le français, l'anglais, l'espagnol et l'arabe égyptien. Je suis aussi une sportive car j'ai appris la danse Baladi, le Capoeira angola et le Kalaripayattu qui est un art martial indien.

Mireille Tawfik

(AK): Est ce la première fois que vous venez à Calgary?

(MT): Oui

(AK): Comment avez-vous trouvez la ville et le contact avec la communauté francophone ici?

(MT): (ndrl : avec un grand sourire) Oui je suis agréablement surprise. Ma rencontre avecla communauté francophone d'ici m'a éblouît. Les gens sont tellement allumés, contents et surtout très positifs. Mon voyage ici à Calgary m'a montré un visage auquel je ne m'y attendais pas vraiment. C'est sur et certain que je vais rentrer à Montréal avec un nouveau regard sur Calgary ainsi que toute la communauté francophone et africaine qui vit ici.

(AK): Avez-vous un dernier message avant de terminer cette entrevue?

(MT): Je souhaite que le dynamisme que j'ai trouvé ici au niveau de la communauté francophone et africaine puisse inspirer aussi les africains d'ailleurs. Je ne peux pas faire une comparaison entre les communautés de differentes villes car les situations ne sont pas les mêmes mais j'ai decouvert un autre monde ici auquel je ne m'attendais pas du tout.

Je suis toujours en tournée avec ma propre compagnie et les autres troupes. Vos lecteurs peuvent suivre régulièrement mes activités à travers mon site qui est www.mireilletawfik.com.C'est sur et certain que je reviendrais à Calgary. Mes remerciements à toute l'équipe d'Afrikamerik.

Entrevue réalisée par Didier Gangoma

©Tous droits réservés_2012

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien