Kamba Sita, artiste peintre

Fils d'un artiste musicien, Kamba Sita a choisit de s'exprimer autrement que par la musique. Après une formation artistique dans les arts graphiques, il est devenu aujourd'hui un artiste peintre. De Montréal où il vit actuellement, l'artiste est venu à Calgary à la fin de cette année 2011 pour un vernissage qu'il a nommé VISAGES.

Dans cette entrevue, Kamba Sita nous retrace son parcours depuis la RDC où il est né, au Gabon où il a appris son métier et finalement à Montréal où il mène sa vie. L'artiste a aisément répondu à nos questions mais ses oeuvres ont plus parlé de lui. Suivons-le.

AK: Bonjour Kamba, vous exposez actuellement vos tableaux à Calgary. Quelle est la durée de ce premier vernissage ici en Alberta?

KS: J'expose mes tableaux actuellement à la galerie Studio C - Art Central, au centre ville de Calgary. Ce vernissage était initialement prévu pour un jour mais il a été prolongé de deux semaines. L'exposition va donc durer du 15 au 30 décembre 2011.

AK: Vous avez fait beaucoup d'expositions à Montréal et après plusieurs visites ici, Calgary est devenue comme votre seconde ville. Peut-on dire que c'est le début d'une longue tournée?

KS: Pas du tout. Pour l'instant, je n'avais prévu qu'une seule exposition à Calgary.  C'est vrai que ce n'est pas la première fois que je viens à Calgary mais c'est la première fois que je fais un vernissage ici. C'est sur et certain que je voudrais exposer dans d'autres villes du Canada et des États Unis mais c'est un problème de temps et de planification. Bien que je ne sois jamais allé moi-même faire des vernissages aux États Unis, mes tableaux m'y ont déjà précédé. Ils ont été déjà exposés à New York et à Chicago. A court terme, je compte d'abord exposer à Toronto. J'y serais au début de l'année prochaine avant de songer à faire le tour des autres villes.

Je commence à être connu à Montréal et c'est aussi encourageant de voir plus d'une centaine des personnes venir voir mes tableaux lors de ce vernissage ici à Calgary. Le travail reste encore à faire et je crois être dans la bonne direction. C'est un travail qui demande du courage, de la patience et il faut surtout rester créatif.

AK: Revenons un peu à votre carrière. Vous êtes reconnu aujourd'hui comme un artiste peintre professionnel. Parlez-nous un peu de vos débuts?

KS: Je suis né en R.D. du Congo mais j'ai grandi et fais mes études au Gabon. Je vis  depuis quelques années à Montréal, au Canada. Je viens d'une famille où il y a déjà un artiste. Mon père est un artiste musicien; c'est un guitariste. Quand je grandissais, mon intérêt pour l'art était plus porté sur les bandes dessinées. Je dessinais donc déjà quand j'étais tout petit et plus tard quand j'ai eu à choisir entre l'enseignement général et l'enseignement artistique, mon choix a été clair et facile.

Je me suis inscrit à ENAM (École Nationale d'arts et de manufacture) du Gabon où j'ai suivi une formation en arts graphiques. Depuis lors, je ne fais que ce travail de peintre.

AK: Pourquoi avoir choisi le thème "VISAGES" pour ce premier vernissage à Calgary?

KS: A Travers un visage, on retrouve l'expression de l'âme. J'aime souvent personnifier mes tableaux mais la peinture en général me donne beaucoup de liberté dans ce que je fais. Quand je débute un tableau, je commence d'abord par toute sorte d'abstraction à travers les textures et les couleurs avant même de le personnifier. Cette fois-ci, j'ai voulu mettre l'accent sur l'expression des visages.

AK: Est-ce qu'il arrive que vous choisissiez d'autres thèmes durant vos vernissages?

KS: Oui cela m'arrive quelque fois, mais mon thème favori a toujours été le mouvement ou l'expression corporelle. Vous verrez qu'il y a beaucoup de scènes des danses dans mes peintures d'où le rythme et la musicalité.

AK: Les tableaux exposés semblent avoir beaucoup des couleurs vives. Quelle est l'importance des ces couleurs dans vos oeuvres?

KS: J'ai envie qu'ils aient une certaine énergie, la vie, le rythme et la force; raison pour laquelle j'utilise des couleurs avec un certain éclat.

AK: Voulez-vous nous expliquer ce qu'englobe le "mixed media"? C'est une technique que vous utilisez régulièrement.

KS: C'est une technique où l'on utilise des peintures à huiles et acryliques en même temps. Mais cette technique englobe beaucoup de choses : on peut y ajouter de la sérigraphie, des crayons ou n'importe quel autre matériel qui peut s'adhérer sur la peinture.

AK: On retrouve deux de vos tableaux dans le dernier album de l'artiste musicien Lokua Kanza. Comment est née cette collaboration?

KS: Lokua Kanza est un artiste que j'aime beaucoup. J'ai toujours écouté sa musique depuis longtemps. Nous nous sommes rencontrés au Gabon il y a plusieurs années. Il se fait que Lokua Kanza était de passage au Gabon pour un concert et il était logé dans un hôtel où je présentais un vernissage. Comme par hasard, il a vu mes tableaux pendant qu'il circulait et s'est invité lui même dans la galerie. Il a demandé à voir l'artiste qui faisait tous ces tableaux et je l'ai directement reconnu. Je n'en croyais pas mes yeux car c'est mon idole. Il m'a dit qu'il aimait mon travail et je lui ai dit aussi que j'aimais beaucoup sa musique. Nous nous sommes retrouver quelques années plus tard à Montréal et c'est là que le contact s'est rétablit. Quand il m'a dit qu'il préparait un autre album, je lui ai proposé d'y inclure mes tableaux. J'ai alors fait plusieurs tableaux sur base des titres qu'il m'avait envoyé et il en a choisi deux. Cette collaboration explique qu'il y a quand même une interaction entre la musique et la peinture.

AK: Comment voyez-vous votre carrière dans cinq ans?

KS: Pour le moment, je me vois maintenant (rires). Le futur reste à venir. De la façon dont je travaille, j'aurais fait plusieurs expositions donc plusieurs personnes auront vu mes oeuvres dans cinq ans. Avec de la chance, cela implique aussi beaucoup de ventes. Lors d'une de mes précédentes expositions, quelqu'un m'a dit qu'il avait l'impression qu'un de mes tableaux lui parlait; c'est ce genre d'interaction que je veux avoir avec mon public, que ce soit maintenant ou dans le futur.

AK: Avez-vous un dernier mot avant de se séparer?

KS: Je remercie Afrikamerik pour cette entrevue. J'invite tous vos lecteurs à lire mon site web www.kambasita.com pour plus d'information sur mon travail.

 

Pour plus d'information sur Kamba Sita:

www.kambasita.com

www.youtube.com

www.radio-canada.ca

 

Article réalisé par Didier Gangoma

©Tous droits réservés 2011

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