Dobet Gnahoré donne le ton au Festival International Nuits d'Afrique, édition 2010.

Dobet GnahoréC’est la chanteuse ivoirienne Dobet Gnahoré qui a donné le coup d’envoi de la 24e édition du Festival International Nuits d'Afrique de Montréal qui se tiendra jusqu’au 25 juillet 2010.

Fidèle à elle-même, c’est une artiste débordante d’énergie et de passion qui a pris possession des planches, toujours avec cette même complicité quasiment “palpable” avec les trois musiciens sur scène dont son époux, Colin Laroche De féline.

Dobet Gnahoré n’en est pas à son premier passage sur Montréal et en tournée déjà depuis quinze jours, la métropole ne constitue qu’un court arrêt sur sa longue route de spectacles.

Si on imagine un fil conducteur invisible comme trame de fond du spectacle d’hier, on pourrait sans nul doute dire que ce fil était la “nuance”. Dobet Gnahoré a cette "science artistique" qui consiste à savoir prendre par la main les spectateurs et chanter de sa douce voix les chansons telles que “Kokpa” et “Samahani” (de son dernier album “Djekpa la You”): on voyage loin avec Dobet...Une des forces de l’artiste réside justement, dans sa capacité à nous faire entrer dans le monde des nuances: de ces rythmes qui bercent et nourrissent le coeur et sans que les spectateurs ne semblent le moins du monde déconcertés, Dobet passent alors à ces chansons dont les rythmes profonds, syncopés, de ceux qui invariablement entraînent les spectateurs vers une Afrique colorée, vivante. C’est l’heure de la fête, tout simplement. Pas de chichis, on tasse les tables et on danse avec Dobet...

L’expression pourtant fort usée de “bête de scène” colle parfaitement pour designer ce qu'est la grande Dobet Gnahoré: pas un instant de répit car Dobet occupe la scène entièrement, bougeant, sautant. Visiblement, elle adore son public et son public l’adore. Elle maîtrise l’art de créer des liens avec lui et les dialogues coulent en toute simplicité. Bondissant sur scène avec une passion qu n’a pas son égal, Dobet est une artiste dont la grandeur des talents ne cesse de s’améliorer et de grandir avec les années.

Longuement “ciselée” avec les années, le talent de Dobet Gnahoré a déjà sa propre grandeur dont l’ampleur ne cessera, à mon avis, de s’amplifier. Sans nul doute, elle est de la trempe des grandes artistes que nous a donné le continent africain. Et si Dobet Gnahoré ne peut se comparer qu’à elle-même, on ne peut chasser cette idée persistante d’un lien de “parenté” très fort avec Miriam Makeba. Est-ce à cause de sa vitalité unique, de ses talents de chanteuse, de chorégraphe ou de ses chansons inspirantes quand elle nous parle des femmes africaines qui se battent pour leur survie ou les enfants orphelins rencontrés lors de sa tournée en Namibie...?

L’on s’étonne soudain que le spectacle soit déjà terminé. Devant une foule de spectateurs qui debout en réclame, encore et encore. Qui aurait pu, mieux que Dobet Gnahoré ne l’a fait, donné le coup d’envoi à cette 24e édition du Festival Nuits d’Afrique?

Si vous avez raté le spectacle, il vous reste à vous procurer son dernier album “Djekpa La You”. Dobet Gnahoré est là pour rester!

Lina Racine
© Tous droits réservés, 2010
Crédits photo: Ralf Bender

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