Bassekou Kouyaté et Fatoumata Diawara, un concert à Jack Singer Concert Hall

Epcor Center - Crédit photo : TierA travers son site web, on peut lire que Jack Singer Concert Hall de EPCOR CENTRE est reconnu comme étant l'une des plus belles salles en Amérique du Nord à causes de ses qualités acoustiques. C'est dans cette salle située en plein centre ville de Calgary que les artistes Bassekou Kouyaté et Fatoumata Diawara ainsi que leurs groupes respectifs se sont produits ce jeudi 30 janvier 2014. Dix minutes avant le début du spectacle, les gens entraient encore dans la salle. Les chaises vides se sont remplies rapidement en quelques instants.

Il était dix neuf heures quand les lumières se sont éteintes dans la salle. Seul un ou deux projecteurs éclairaient encore le podium. Prenant la parole à tour de rôle, deux représentants des organisateurs ont commencé d'abord par remercier le public. Ils ont ensuite présenté les objectifs poursuivis par les organisateurs en invitant les artistes du monde à venir se produire à Calgary. Après un mot de remerciement à tous les commanditaires, les deux personnes ont fait une petite introduction sur Bassekou Kouyaté et Fatoumata Diawara. C'est après ce discours bref de près de cinq minutes que les deux présentateurs se sont retirés de la scène.

Les membres du groupe y compris la belle Amy Sacko sont entrés discrètement sur scène. Avec son N'goni en mains, Bassekou était le dernier à les rejoindre sous les applaudissements du public. On pouvait donc apercevoir sept artistes sur scène tous vêtus d'un pantalon et d'une longue chemise de couleur verte dorée: ils s'agissaient de trois joueurs de N'goni y compris Bassekou lui même, un joueur de Tama; ce petit tambour calé sous l'aisselle et qui se joue avec les bouts des doigts et un petit bâton recourbé, la chanteuse Sacko, un joueur de calebasse et un autre à la batterie.

Bassekou Kouyaté et son groupe - Crédit photo : Afrikamerik

Rapidement, Bassekou a pris la parole en déclarant à peu près ceci: My english is not good yet but I will try to speak in english only tonight. My grand grand grand father was playing this instrument for kings and queens only. Today, you are my kings and my queens. Are you happy?

A entendre les applaudissements qui s'en sont suivis dans la salle, on pouvait comprendre que l'artiste avait déjà conquis le public avant même de jouer cet instrument magique que tout le monde attendait. Les applaudissements n'étaient pas encore finis que la musique avait déjà débuté sous les chapeaux de roue. Il s'en est suivi un bon spectacle entrecoupé des applaudissements. Les duos entre Bassekou et Sacko, les chansons acapella de Sacko, le cheours composés des autres artistes, la batterie, le Tama, la calebasse et le N'goni Ba raisonnaient tous dans cette grande salle avec clarté. Bien que l'on ne comprenne pas toujours les paroles, le blues africain ne vous laisse pas indifférent. Le public a eu droit au repertoire de son dernier album. Rappelons que l'album de Bassekou "I speak Fulla" avait été mis en nomination dans la catégorie Meilleur album de musique traditionnelle aux prix Grammy en 2010.

Bassekou Kouyaté - Crédit photo : AfrikamerikMalgré son anglais moyen, Bassekou s'est bien exprimé pendant toute la soirée et a établit un contact particulier avec le public. Mais c'est surtout les rythmes envoutants de cet instrument magique qui attirait l'attention du public. Je regardais autour de moi les gens qui bougeaient, soit la tête, soit une jambe ou tout simplement tapaient leurs mains. C'est le signe que Bassekou et son N'goni ont réussi à rejoindre les cœurs des personnes présentes dans cette salle.

Bassekou a eu le temps de présenter tous les membres du groupe en commençant par sa femme Sacko et tous les autres musiciens y compris les instruments de musique qu'ils jouaient respectivement. Après une serie de chansons sans arrêt, Bassekou et son groupe se sont retirés sous les applaudissements nourris du public. Son spectacle fini, Bassekou aurra décidément demontré qu'il est le digne descenadnt d'une lignée de grands joueurs de Ngoni.

Pendant une demi-heure, les techniciens en ont profité pour installer les instruments du prochain spectacle.

Une fois de plus, les lumières se sont éteintes. Fatoumata Diawara est entrée sur scène vêtue d'un corset noir en cuire, d'une longue robe colorée ainsi qu'un foulard de tête jaune et noire. Elle était flamboyante sur scène et d'une beauté remarquable.

Dès qu'elle a commencé à chanter et à jouer sa guitare électrique, le public l'a directement adoptée. Après quelques chansons, elle a enlevé ses chaussures et son foulard de tête. Le public a directement compris qu'elle voulait tout simplement se sentir à l'aise pour exhiber ses pas de danse.

Voir Fatoumata Diawara sur scène, c'est le rythme, c'est la danse, les mouvements et surtout des messages engagés.

« Il faut donner une voix à la femme africaine. Au delà de la femme africaine, je vois toutes les femmes du monde », a-t-elle dit! Ce message a été suivi par les applaudissements du public.

Fatoumata Diawara - Crédit photo : Afrikamerik

Dans sa chanson « Clandestin » par exemple, Fatoumata s'adresse aux gouvernements des pays africains. Elle leur demande de ne pas laisser les jeunes sans encadrement et surtout de ne pas le laisser venir s'aventurer en Occident. L'Afrique a besoin de ces jeunes, a-t-elle conclut. Les applaudissements nourris montraient à quel point le public était d'accord avec ces citations.

Puis est venu le moment où elle a demandé au public de chanter avec elle. Spontanément, tout le monde s'est mis débout et a entonner les chants de l'artiste. Nul n'avait besoin de comprendre ou de savoir ce qu'elle voulait dire mais l'essentiel était d'avoir du plaisir, de la voir chanter et surtout danser sur scène.

Fatoumata Diawara - Crédit photo : Afrikamerik

Après une heure de spectacle très captivant, l'artiste a dit au revoir au public et a quitter la scène mais c'était sans compter avec les applaudissements du public qui ne voulait pas la voir partir et qui l'a fait revenir sur scène. Fatoumata et son groupe sont revenus sur scène faisant le bonheur du public. En tout cas, le public présent à cette soirée s'en souviendra longtemps.

Par Didier Gangoma
© Tous droits réservés, 2014

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