KACHE KASHALA, auteur-compositeur et interprète d’inspiration chrétienne.

Kache Kashala"J'ai les larmes aux yeux en regardant tout ce qui se passe dans ce pays; la République démocratique du Congo. Je me suis demandé ce que je peux faire pour venir en aide à ce peuple innocent qui souffre? S'il faut aider ce peuple matériellement, je ne le saurai pas, même si j'étais un millionnaire. Tout ce que je peux faire pour les soutenir, c'est de pleurer avec ceux qui pleurent, c'est de souffrir avec ceux qui souffrent tout en leur envoyant un message... Hope, Espoir!".

Il a débuté sa carrière musicale à Kinshasa, en République démocratique du Congo pour s'envoler vers l'Afrique du sud où il y a vécu pendant plusieurs années. Une rencontre fortuite l'a poussée vers une carrière internationale: depuis lors, Kache Kashala exerce son métier à Toronto, au Canada. De passage à Calgary, Afrikamerik l'a rencontré pour le plaisir des lecteurs.

Afrikamerik (AK): Bonjour Kache Kashala. Vous habitez à Toronto, la capitale économique du Canada. Quel est l'objet de votre visite à Calgary?

Kache Kashala (KK ): Bonjour. J'ai été invité par le pasteur Célestin et son église "Rhema Church of Calgary" pour venir livrer un concert religieux pour la gloire du Seigneur.

AK: Vous avez débuté votre carrière en République Démocratique du Congo puis en Afrique du sud avant d'arriver au Canada. Parlez-nous de votre parcours musical?

KK: Mon parcours musical a commencé en 1978 dans une chorale de l'église CPK YOLO appelée "Pèlerine évangélique" à Kinshasa. C'est à partir de cette chorale et surtout grâce à mon grand frère dans le Seigneur, Philippe Mvita que j'ai appris à chanter et à connaître la musique. Je remercie beaucoup mon frère Philipe décédé il y a plusieurs années pour tout ce qu'il m'a appris: il était mon modèle. Après plusieurs années de travail, le directeur de mon école secondaire (Mokengeli), ayant remarqué mon talent, m'a confié la direction de la chorale de l'école. J'ai beaucoup travaillé avec cette chorale: nous avons eu des productions un peu partout au pays. Vers les années 1990, alors que j'étais étudiant à l'université de Kinshasa, un incident est survenu suite aux phénomènes Nguma, Bindo etc.… le gouvernement congolais de l'époque en a profité pour fermer l'université de Kinshasa. La plupart des congolais et ceux qui étaient au Congo à cette époque savent de quoi je parle. J'ai alors profité de cette occasion pour quitter la RDC et me rendre en Afrique du Sud. Mais bien avant de quitter Kinshasa, j'ai participé à l'enregistrement d'un album avec la chorale "Bonne Semence".

AK: Et vos débuts en Afrique du Sud?

KK: Je suis parti en Afrique du sud pour continuer mes études mais faute des moyens, je me suis résolu à faire de la musique pour pouvoir vivre. J'étais un jour en pleine répétition quand j'ai vu deux hommes entrer dans la salle. Comme par hasard, ces deux hommes nous ont écoutés et se sont dit intéressés à notre musique. Après une brève conversation, ils m'ont fixé un rendez vous quelques jours plus tard pour discuter d'un projet de production. C'est lors de ce rendez vous que je me suis rendu compte que ces gens étaient des professionnels de la musique: il s'agissait de Mongezi Kris Ntaka et Rey Moreno qui étaient respectivement le soliste et le batteur-programmeur de Lucky Dube. Ils travaillaient aussi en meme temps pour le compte de la maison de production RPM. C'est de là que tout est parti. J'ai signé mon premier contrat et j'ai enregistré mon premier album appelé "Mapenzi". Cet album m'a permis de faire le tour de l'Afrique du sud par les productions scéniques.

AK: Tout ne s'est pas arrêté là? Votre carrière a pris tournant grâce à un autre album sorti toujours en Afrique du Sud?

KK: Vous avez raison. En effet, trois ans plus tard c'est à dire en 1996, j'ai produit mon deuxième album qui s'appelle "SANJOLAMA NKOSI". C'est un album que j'ai produit moi-même et qui a fait beaucoup de succès.

AK: A quel moment de votre carrière avez vous senti que vous avez pris de l'élan?

KK: Je suis parti en Afrique du sud pour étudier mais je n'avais pas d'argent et ma famille non plus ne pouvait pas me prendre en charge. J'étais comme bloqué. Tout ce que je pouvais faire c'était d'utiliser le don que Dieu m'avait donné pour survivre. Ma rencontre avec ces deux personnes était comme une réponse à mes prières: Dieu a permis que je les rencontre et ils ont été pour beaucoup dans ma carrière. C'est avec eux que j'ai vraiment senti que ma carrière professionnelle venait de commencer et j'ai pris la décision de me lancer dans une carrière professionnelle en solo.

AK: Votre dernier album sorti en 2009 s'appelle "Espoir,Hope". Pourquoi avoir choisi ce titre?

KK: C'est depuis longtemps que j'ai quitté mon pays d'origine, la République démocratique du Congo. Bien que je vis ici au Canada, je suis de très près tout ce qui se passe là bas. J'ai des larmes aux yeux en regardant tout ce qui se passe dans ce pays. Je me suis toujours demande ce que je peux faire pour venir en aide à ce peuple innocent qui souffre? S'il faut l'aider matériellement, je ne saurai pas même si j'étais un millionnaire. Tout ce que je peux faire pour soutenir ce peuple c'est de pleurer avec ceux qui pleurent, c'est de souffrir avec ceux qui souffrent tout en leur envoyant un message de la part de mon Dieu disant que cette situation actuelle ne va jamais demeurer éternellemt. Dieu est vivant et nous devons avoir l'espoir en ce Dieu là et que tôt ou tard, aujourd'hui ou demain, la situation changera. C'est de là que j'ai sorti le titre de cet album "Espoir, Hope".

AK: Comment définissez vous un musicien chrétien?

KK: Un musicien chrétien n'est pas différent des autres musiciens. Dans la musique, il n'y a pas des notes dites "chrétiennes" ou "païennes". Nous jouons tous les mêmes notes de musique. La musique d'une manière générale est l'art de combiner le son d'une manière agréable à l'oreille. Ce qui différencie un musicien chrétien d'un autre musicien, est le message véhiculé dans les chansons. Un musicien chrétien est d'abord un chrétien, enfant de Dieu, né de nouveau et qui croit au Seigneur. En plus de cela, comme il a reçu un don de la part de ce même Dieu, il le loue par la musique.

AK: Parlez-nous des difficultés d'un musicien chrétien, africain d'origine comme vous, ici au Canada ou en Amérique du Nord en général?

KK: Sur le plan artistique, je dirais que nous avons une forme de musique totalement différente. Pour garder l'originalité de notre musique, il faut des musiciens venant de chez nous. Ces musiciens existent mais sont éparpillés un peu partout en Amérique du nord. Ils sont à Vancouver, à Toronto, à Montréal, à Calgary, à Edmonton pour ne citer que ces villes là et dans aucune structure. Ce n'est pas évident de les réunir pour produire un disque.

AK: Quel est votre commentaire sur la relation Kache Kashala et le public américain par rapport à cette musique africaine dite chrétienne, congolaise?

Kache KashalaKK: Je tiens d'abord à l'affirmer sans peur d'être contredit que nous avons une richesse musicale énorme. Dans la plupart des cas, nous ne connaissons pas la valeur de notre musique et nous ne savons pas aussi comment la valoriser; voilà pourquoi, mon prochain album après "Hope, Espoir" aura un concept tout à fait nouveau. Je vais exploiter notre musique, notre culture et faire un plus pour permettre au public d'ici de comprendre et d'acheter ce produit. J'ai remarqué que partout où je passe, le public américain apprécie notre musique mais n'achète pas les CD car il ne comprend pas le message véhiculé dans nos chansons. Le peu des gens qui achètent ne le font qu'à cause du rythme qui est bon. C'est ainsi que dans mon prochain album, je vais garder l'originalité de notre musique tout en chantant en anglais pour atteindre le plus grand nombre du public américain.

AK: Si un jour, un musicien non chrétien vous invitait pour un duo dans son album, l'accepteriez vous?

KK: Personnellement, je n'accepterais pas. Tout ce que je fais est pour la gloire de Dieu. Les autres musiciens font de la musique pour le plaisir pendant que notre musique est faite pour la gloire de Dieu.

AK: Vous avez un jeune guitariste de 12 ans qui vous accompagne, aimeriez-vous qu'un de vos enfants fasse de la musique comme vous?

KK: Bien sûr, mais nous sommes dans un monde où on ne peut pas imposer une carrière aux enfants comme les font certains parents en Afrique. Nous sommes dans un monde très évolué où on cherche à comprendre les points forts, les aptitudes des enfants et les aider pour qu'ils deviennent plus utiles à la société. J'ai deux filles et deux garçons. Je remarque que ma fille ainée chante bien tandis que mon premier fils lui s'intéresse plus au basket Ball!

AK: Vous êtes un musicien chrétien, quel est le psaume ou un verset biblique que vous aimez le plus?

KK: C'est le psaume 45, versets 1 et 2 . Les paroles pleines de charme bouillonnant dans mon cœur. Je dis mon œuvre est pour le Roi et que ma langue soit comme la plume d'un habile ecrivain Je prie toujours que Dieu m'aide, que Dieu m'assiste. Que je sache parler ou pas, que je sois éloquent ou pas, mais que des paroles pleines de charmes selon Dieu, puissent bouillonner dans mon cœur et sortir de ma bouche, Que cela soit comme la plume de l'habile écrivain...

AK: Parlez nous des meilleurs souvenirs de votre carrière artistique?

KK: J'en ai beaucoup. Je ne vais pas m'étaler sur des exemples concerts car il y en a beaucoup mais les meilleurs dessouvenirs que je retiens est quand je reçois un coup de fil de quelqu'un qui me dit qu'il a été béni à cause de mon ministère, de ma musique.

AK: Vous avez joué hier, comment avez-vous trouvé le public chrétien de Calgary?

KK: Fantastique ! J'ai d'abord aimé le moment d'adoration .Je suis sûr et certain que Dieu a fait des merveilles dans la vie de gens. Pendant les moments de louanges, j'ai beaucoup aimé la participation de tout le monde. Que Dieu bénisse le peuple de Calgary.

AK: A part le prochain album, avez-vous d'autres projets en cours?

KK: Oui, je suis entrain de penser à monter un grand studio en RDC. Je pense à un studio de la production, de la programmation de la musique live et la production de cd en commençant par les affiches et des pochettes. Je pense à amener du matériel qui offrirait un bon son. Ce sera du matériel que les Églises pourront louer pour les campagnes d'évangélisation par exemple. Je voudrais être en mesure d'aider les gens sur place.

AK: Un dernier mot avant de clôturer cette entrevue?

KK: Pour mon public de Kinshasa et tous les congolais qui sont partout dans le monde, je leur dit que j'aime la Republique Democratique du Congo. Nous devons tout faire pour relever les défis qui se présentent dans ce pays. Nous devons tout faire pour valoriser notre culture qui est aimée partout dans le monde. Rien que la musique chrétienne ou profane peut changer beaucoup de choses dans ce pays.

Pour le site Afrikamerik, je suis très ému par le travail que vous accomplissez. C'est difficile pour nous de faire valoir ce que nous produisons si nous n'avons pas accès aux médias. Votre travail aide les artistes à être visible, il est difficile pour nous les artistes de faire voir nos produits sans votre travail. Que Dieu bénisse Afrikamerik, que Dieu bénisse les canadiens, tous les afro américains, les américains, les congolais et tous mes frères et soeurs.

Kache Kashala

Encore une fois, merci à Afrikamerik pour cette opportunité que vous m'avez offerte aujourd'hui.

Pour rejoindre l'artiste:
www.kache.org
Telephone :416-797-6836
E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Une entrevue réalisée par Didier Gangoma.
©Tous droit réservés, 2010

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