Montréal : entrevue avec la chanteuse Mélissa Laveaux.

Mélissa LaveauxMélissa Laveaux est une chanteuse de 25 ans, née à Montréal de parents haïtiens et qui a grandi à Ottawa, évoluant dans un univers majoritairement anglophone sans pour autant abandonner sa culture d'origine créole et francophone. À 13 ans son père lui offre sa première guitare. C'est le début d'une passion qu'elle explore et déchiffre en autodidacte. Sa culture musicale s'agrandit au fil des années, à commencer par l'univers musical créole, la chanson française à la folk canadien (Joni Mitchell), l'influence des figures afro-américaines (Billie Holiday, Nina Simone), ainsi que de nombreuses chanteuses ayant ouvert la voie et marqué la musique, tel que Lhasa et Césaria Évora.

Mélissa Laveaux parle et chante en français, en anglais et en créole. « Mon choix de langue pour écrire mes chansons dépend de la personne à qui je pense lorsque je crée, mais aussi de l'émotion que j'ai envie d'exprimer à travers elles », dit-elle. Afrikamerik vous livre cette entrevue virtuelle réalisée auprès de l'artiste avant son spectacle qui a eu lieu le 9 novembre au Club Balatou, rue St-Laurent à Montréal.

Afrikamerik (AK): Quel chemin vous a mené jusqu'à "Camphor & Copper", votre nouvel album?

Mélissa Laveaux (ML): Le chemin de plusieurs improbabilités.

AK: Vous venez de terminer une tournée européenne de deux années: brièvement, comment avez-vous vécu cette tournée? Qu'en retirez-vous?

ML: En fait je vis plus ou moins actuellement sur Paris et ça a donc été deux ans de découverte de la ville entre des petits paquets de dates par çi et là plutôt qu'une longue tournée continue. J'ai joué tellement de scènes différentes que je pense que j'ai non seulement amélioré mon jeu et ma présence sur scène mais aussi ma lecture initiale du public qui m'attend. Ceci dit, il ne faut jamais se fier aux premières impressions.

AK: Comment vivez-vous la forte attente du public Montréalais face à votre nouvel album?

ML: Je ne savais même pas qu'il y avait une "forte attente". Juste savoir ça me fait beaucoup plaisir.

AK: Comment travaille Mélissa Laveaux?

ML: Peu et beaucoup en même temps. Je suis toujours en création mais en même temps je ne trouve pas que j'ai beaucoup de discipline. J'aurais bien voulu passer plus de temps à jouer de la musique.

AK: Lorsque vous composez un morceau, que recherchez-vous? Une mélodie, un son ou une ambiance?

ML: Une ambiance. C'est par chance qu'une mélodie me tombe sur la tête et si je n'arrive pas à arrêter de la fredonner ça veut dire qu'une chanson est en train de germer et qu'il faut que je l'enregistre pour ne pas l'oublier. Ça m'arrive très souvent d'oublier mais je pense que tout me revient éventuellement.

AK: Quelles sont vos inspirations actuelles?

ML: Plusieurs groupes de musiques (Tune-Yards, St. Vincent, Morning Benders) mais en particulier un groupe danois: Wildbirds and Peacedrums. Mais je n'oublie jamais la musique qui m'inspire: si elle m'inspire c'est parce que j'y retourne constamment. Ainsi je n'arriverai jamais à me passer d'artistes comme Sister Rosetta Tharpe, Stina Nordenstam ou Miriam Makeba. Et en ce moment beaucoup de photos et d'arts plastiques de différents médiums m'inspirent.

AK: Compte tenu de la situation en Haïti, quel message auriez-vous à apporter à ce peuple?

ML: Je ne pense pas que je suis la personne la mieux formée pour formuler un message cohérent et efficace pour soulager la peine d'un peuple. Au contraire, je pense qu'il y a énormément de choses que les Haïtiens peuvent nous apprendre.

AK: Où en sera Mélissa Laveaux en terme de carrière d'ici 5 ans?

ML: Peut être que je n'en aurais plus d'ici 5 ans! J'ai déjà assez de mal à me forger une place dans une industrie qui demande moins de musique et plus de potins à utiliser comme projet de marketing de ses artistes... Mais j'écrirai toujours de la musique.

Réalisé par Gérard M'Fumu Nkama
© Tous droits réservés, 2010

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