Nouvelles parutions sous la plume de Toussaint Kafarhire Murhula.

Toussaint Kafarhire Murhula - Crédit photo tiersParmi les nouveautés littéraires de l'été 2009, deux nouvelles parutions du Père Jésuite, poète et critique littéraire originaire de la République Démocratique du Congo, Toussaint Kafarhire Murhula. Fondateur du Ballet Renaissance Africa en 2006 en RDC, M. Murhula vit à Chicago aux Etats-Unis, où il prépare un doctorat en sciences politiques. Il est aussi l'auteur de Bukavu: la chanson du soleil en exil et Lettre à une génération damnée.

"Solstices d'Afrique" dénonce le prolongement d'un passé qui hante le présent qu'il convient de repenser. La nouvelle générations d'africains doit inventer d'autres chemins, un nouveau destin face à la récurrence des problèmes qui émaillent le continent noir et son histoire. "Puisqu'en ce soir encore, le soleil jette ses dards attendris sur le tableau féérique d'une journée qui se meurt, je laisserai mes yeux copuler avec cette beauté étourdie et silencieuse. Je laisserai mon visage embrasser les instants harmonieux qui ramassent tous les efforts conjugés d'une humanité qui s'enfante, éternellement. Je laisserai ma soif s'étancher dans la sueur qui dégouline de ces visages inconnus que je n'ai pas rencontrés et que je ne rencontrerai peut être jamais. Mais fort de ma foi, je les sais tous vivants, lies à la terre par un espoir invraisemblable qui est aussi mon espoir...". Ce livre vient de paraître aux éditions L'Harmattan.

"livre: Solstices d'Afrique""Lettre à une génération damnée", (Éditions Ndzé, collection Les apprentis sorciers). Dès son premier recueil Bukavu: la chanson du soleil en exil, la poésie de Toussaint Kafarhire Murhula s'est imposée comme une hymne à la gloire de l'insurrection contre l'érosion sociale,l'injustice, la violence, la dictature et la corruption.

Outre La révolte, Lettre à une génération damnée est un appel "silencieux et effréné" qui clame "le chant de vie, les espoirs qui chaque jour naissent et se détruisent". L'auteur, qui n'a pas froid aux yeux, nous livre même un "conseil" de lecture en introduction: " (...) n'en suivez le rythme que si vous acceptez de renoncer à la servile sécurité qui vous empêche de traverser ce qui caractérise au Congo la decrepitude de l'humain. Comme un feu follet, ces textes sont une traversée qui vous entraîne d'une nuit à une autre, d'une génération à une autre, chacune se déclinant en une mort anonyme que couronnent des tombes sans épitaphe, comme dans ce cimetière de Kisangani. Dans ces poèmes, entendez le chant de vie, les espoirs qui chaque jour naissent et se détruisent au Congo! N'allez de vers en vers, d'une page à l'autre que si vous avez exorcisé la norme, l'insolite qui contredit le canon d'une vie épanouie au Congo.

"Lettre à une génération damnée", éditions Ndzé
www.ndze.com

Lorsque vous aurez apprivoisé vos préjugés sur le Congo, vous aurez compris nos aspirations profondes d'être "comme" tout le monde: alors chaque fragment d'esprit rencontré dans ces poèmes vous dira la blessure causée par le silence de l'histoire. Je ramasse morceau après morceau, bribe par bribe, des pans de nos efforts. Je ramasse nos hésitations, ainsi que quelques autres pièces manquantes au grand puzzle de la liberté. Toutefois, le Congo demeure debout! Se résigner à la laideur dont l'ironie affable notre histoire serait un trop grand luxe!"

Déchéance Afrique!

Je suis seul errant sur des routes désertées

Avec des ravages sur le lit de mon coeur

Comme après la bataille contre l'éternel inconnu

Je n'ai plus la force de te lâcher Toi qui rebaptises mon ombre d'un nom de guerre

Et je marche à travers épurges conquérantes La tête courbée les yeux tournés vers l'impossible

La porte la blessure du doute la folie de la nuit sans fond

Et je marche Je marche ivre des vertiges succubes

Par milles sentiers perdus Avec mon sacerdoce de larmes

Et mes tatouages cachés Rien qui me rappelle des cornes acouphènes

Les calebasses et les battements des mains Est-ce des mélodies Fulani?

Non, c'est le Manyatta en procession nuptiale

Des troupeaux Massaï Des enfants qui soulèvent des nuages de poussières

Et les femmes qui hululent

Victoire ou funérailles ici c'est tout pareil

La vie s'est tue et je suis seul errant

Sur des routes désertées avec ces vacarmes dans mes yeux

Et des promesses vers lesquelles je marche

Suis-je banni de ta matrice généreuse

Afrique de mes ancêtres, Afrique d'éternelle vie?"

Un texte de Toussaint Kafarhire Murhula

Lina Racine, Montréal
© Tous droits réservés, 2009

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