Les coulisses de Child of the Earth, Watoto wa Ardhi

Kelly Ferruzi - Photo: Mike TurgeonChild of the Earth, Watoto wa Ardhi est un organisme à but non lucratif installé à Calgary, en Alberta. Afrikamerik a été invité à assister à des soirées de récolte de fonds organisées par cet organisme en 2010 et en 2012 à Calgary. Bien que nous ayons fait échos de ces événements dans le passé, nous avons tenus cette fois ci à donner une voix à la Fondatrice et Présidente de cet organisme, Madame Kelly Feruzi.

"Nous n'apportons pas seulement les dons pour un soulagement rapide d'un jour, mais nous leur apportons un message d'espoir, un soutient efficace, une solution à long terme qui est l'éducation".

Madame Kelly a accepté avec plaisir de nous expliquer les objectifs de son organisme, son expérience sur le terrain, ses échecs, ses réussites et la vision de son travail.

Avec notre micro en mains, nous lui avons posé quelques questions.

Afrikamerik (AK): Bonjour Madame Kelly, vous êtes la Fondatrice et la Présidente de Child of the Earth, Watoto wa Ardhi, un organisme à but non lucratif qui opère dans la ville de Calgary, au Canada. Depuis quand l'organisme existe-t-il et quels sont ses objectifs?

Kelly Ferruzi (KF): Je tiens d'abord à remercier Afikamerik pour cette entrevue. Nous existons depuis plusieurs années et ce n'est pas tous les jours qu'on voit des médias venir nous contacter. Pour revenir à votre question, ce projet a commencé en 2008 mais a été concrétisé officiellement au mois de septembre 2009. Notre organisme a pour but d'aider les victimes et toutes les personnes rendues vulnérables par la guerre en République Démocratique du Congo. Il s'agit principalement des femmes et des enfants qui ont vécus et qui sont encore impliqués injustement dans ce conflit. N'oubliez pas que la guerre engendre beaucoup de problèmes qu'on ne peut résoudre en un seul jour. Notre action s'articule au niveau de l'éducation et de l'aide sociale. Nous donnons des fournitures scolaires aux enfants, nous les aidons à étudier et / ou à apprendre un métier d'un coté et de l'autre coté, nous aidons aussi les femmes à se prendre en charge et à se rendre indépendantes.

(AK): Quelles sont les raisons qui vous ont poussées à créer cet organisme?

(KF): Les raisons sont tout à fait simples. Étant originaire de l'est de la République Démocratique du Congo, j'ai moi-même enduré cette souffrance. Au début de la guerre en 1995, j'ai vu comment les femmes et les enfants étaient entrain de souffrir injustement à cause d'une négligence humaine. J'ai vu de mes propres yeux comment ces personnes étaient entrain de payer de leur sueur et de leur sang à cause d'une guerre dont ils ne sont pour rien. Le Congo est un pays qui est très riche mais malheureusement cela attire des vautours de tous les horizons qui s'acharnent sur une population dépouillée de tout; raison pour laquelle, je n'ai jamais baisser les bras depuis que j'habite au Canada.


(AK): Vous avez organisé deux soirées de récolte de fonds en 2010 et 2012 à Calgary. Les fonds recueillis étaient destinés à aider les femmes et les enfants en République Démocratique du Congo. Quel a été le bilan des soirées?

(KF): Je tiens ici d'abord à remercier toutes les personnes qui m'ont aidé dans la concrétisation de ces deux soirées. Notre organisation a bénéficié de l'aide de la communauté francophone de Calgary, la communauté anglophone, les artistes de Calgary et sans oublier l'apport combien louable de tous les bénévoles qui ont travaillé très fort pendant cette période. Je ne pourrai malheureusement pas citer tous les noms car la liste est longue.

Les invités ont été généreux. Ces soirées nous ont permis d'amasser des dons qui ont aidé les personnes vulnérables au Congo. Après la soirée de 2010, Nous avons chargé deux conteneurs constitués de fournitures scolaires et de matériaux divers. Je suis allé moi-même en République Démocratique du Congo pour assister à la distribution de ces dons. Je me suis rendu jusqu'à l'est du pays qui est encore jusqu'aujourd'hui une zone de guerre.

C'est très émouvant de voir comment les choses que nous considérons ici comme étant simples peuvent avoir une grande valeur aux yeux des personnes vulnérables car elles n'ont rien.

Le bilan à mon avis a été positif. Nous n'apportons pas seulement les dons pour un soulagement rapide d'un jour mais nous apportons un message d'espoir, un soutient efficace, une solution à long terme qui est l'éducation. A travers toutes ces femmes que nous aidons, nous visons la redynamisation des familles car plus ces femmes sont indépendantes, plus elles vont pouvoir apporter des ressources nécessaires aux enfants. Avec l'éducation, ces enfants sont appeler à devenir des personnes responsables. L'encadrement des femmes, l'éducation des jeunes et surtout des jeunes filles pendant cette période difficile restent notre cheval de bataille.

RHYTHM METHOD à la soirée de récolte de fonds

(AK): Comme vous venez de le dire, vous avez effectué un voyage en RDC en 2011 pour assister personnellement à la distribution des dons. Quelles sont les leçons que vous avez tirées de cette expérience?

(KF): Je tenais à assister moi-même à cette distribution pour voir comment les choses se déroulent sur terrain et je peux vous dire que j'ai beaucoup appris. Est-ce que les dons arrivent destinations? Oui mais la manière de travailler va surement être ajustée en fonction des demandes, des besoins sur terrains et toutes les difficultés que nous connaissons sur le terrain. Nous avons identifié nos points faibles et nos points forts. Une réévaluation au niveau de notre administration donnera de nouvelles directives pendant les prochaines campagnes de distribution.

(AK): Les personnes et les organisations qui bénéficient du travail de votre organisme sont installées en Afrique pendant que le siège de l'organisme est à Calgary. Comment arrivez-vous à sélectionner les bénéficiaires?

(KF): Nous travaillons avec des églises, des organisations non gouvernementales et des personnes crédibles qui identifient les besoins et les personnes vulnerables au niveau des communautés. Une présélection est faite au niveau du pays par nos partenaires et un rapport nous ai ainsi envoyé ; c'est ce qui nous permet de faire une collecte des dons pour des besoins et des personnes spécifiques. Nous n'avons pas la prétention de terminer la souffrance de tout le monde mais les quelques personnes que nous aidons avec nos petits moyens sont appeler à se prendre en charge et aider aussi les autres à s'en sortir.

(AK): Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans ce travail?

Soirée de récolte de fonds à la Cité des Rocheuses

(KF): Comme dans toute œuvre humaine, les difficultés au niveau de notre travail ne manquent pas, elles sont multiples. Nous sommes pour l'instant une petite organisation, nous devons arriver à nous faire un nom et une crédibilité au niveau de la communauté. Vous avez vu comment les gens ont aimé le film que nous avons réalisé lors de notre dernier voyage au Congo? Les invités à la soirée ont pu voir de leurs yeux combien ce travail est pénible. A ce niveau, nous y travaillons et espérons y arriver.

Je dirais aussi qu'une fois les besoins sont cernés au niveau de nos partenaires en Afrique, le gros du travail se fait ici au Canada. Ce travail a besoin des bénévoles en permanence, des partenaires comme vous les medias et surtout des donateurs qu'il faut trouver.

(AK): Avez-vous des projets à court et à long termes?

(KF): Oui nous avons plusieurs projets en cours. Nous nous apprêtons à repartir en R.D.C. bientôt.

(AK): Comment les gens peuvent–ils vous joindre?

(KF): Nos bureaux sont situés au One Executives Place, 1618 Crowchild Trail N.W. Calgary, AB T2M-3Y7. Notre numéro de téléphone direct est le 403- 903-5005. Notre site web vient de connaître un changement et il est en pleine reconstruction. C'est un site web qui sera bilingue et il se nomme www.childWatoto.ca et finalement notre adresse e-mail principal est Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Nos remerciements d'avance à toutes les personnes qui veulent nous aider dans cette tache difficile.

(AK): Un dernier mot avant de nous quitter?

(KF): Nous sommes reconnaissants envers toutes les personnes qui nous aident depuis toujours et ceux qui nous contactent actuellement pour les dons. Nous sommes un organisme de charité reconnu légalement au Canada. Tous les dons que nous recevons sont enregistrés et sont sujets à un reçu exempt d'impôt comme l'exige la loi. Nous acceptons tous les dons liés à la nature de notre travail qu'il soit matériel, petit ou grand ou même si c'est en terme de temps de travail.

Merci beaucoup à Afrikamerik pour ce soutien et cette ouverture auprès de vos lecteurs répartis partout dans le monde entier.

Entrevue réalisée par Didier Gangoma
©Tous droits reservés, 2012

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