SUNDAY OMONY, la reine de la comédie…

Sunday Omony, la reine de la comédieSunday Omony est femme polyvalente. Ne soyez pas surpris de la retrouver partout où il y a un événement culturel en Amérique du Nord. Elle est à la fois comédienne, mannequin, écrivaine et présentatrice d’événement culturel; bref une vraie femme d’affaire comme elle le dit elle-même. Vous aurez l’occasion de la rencontrer dans plusieurs villes au Canada et aux États – Unis car son travail l’amène à beaucoup voyager. Elle est débordante d’énergie et arrive à faire plusieurs choses à la fois. Son travail et sa vie de tous les jours nécessitent une certaine organisation, de l’énergie et de l’intelligence mais comment parvient – elle à réussir tout ce qu’elle fait? En marge du festival Afrikadey 2010, Afrikamérik a rencontré cette jeune femme pour vous. Nous avons cherché par nos questions à découvrir son monde et à vous présenter cette personnalité. Avec un sourire permanant, elle nous a parlé de ses multiples talents, de ses réalisations, de ses aspirations et de ses projets d’avenir.

Afrikamérik: Bonjour Sunday. Plusieurs personnes vous appellent, "la reine de la comédie ougandaise", voulez vous dire dans quel contexte avez-vous eu ce sobriquet?

Sunday Omony: Il y a plusieurs années de cela, j’ai eu à jouer une comédie devant mon public. J’étais toute seule sur le podium du début jusqu’ à la fin de la pièce ; c’est un style de théâtre appelé en anglais "stand up". Le public a tellement rit qu’à la fin de cette prestation une des amies présente dans la salle, m’a donné ce surnom. Au début, je trouvais ce surnom un peu bizarre mais au fil des ans, cela ne m’a plus dérangé. D’ailleurs (rires) les femmes devraient de temps en temps se faire appeler "reines", pourquoi pas?

Les noms donnés généralement aux enfants en Afrique ont une signification. Le vôtre a-t-il un sens particulier?

Mon prénom "Sunday" veux dire dimanche en anglais car je suis née un dimanche. En passant, j’aime le dimanche parce que c’est mon jour de repos (rires). Mon deuxième prénom est "Amito" qui veux dire "je veux" dans ma langue maternelle "Acholi". Mon nom de famille "Omony" veux dire "un enfant né pendant la guerre" : voilà, vous pouvez imaginer le reste.

Voulez vous nous décrire votre public et qu’est ce qui l’attire vers vous?

Sunday Omony: le public aime mon originalitéJ’ai un public très varié. Sincèrement, je pense que le public aime mon originalité et mes histoires qui sont naturellement comiques et tout à fait uniques. N’oubliez pas que je suis une fille qui a grandi dans une famille africaine très conservatrice et qui vit en même temps une culture occidentale canadienne à travers mon entourage et ma vie de tous les jours. Cela me permet souvent de faire des comparaisons et de créer des histoires comiques autour de cette double culture.

Vous êtes actuellement une étudiante à l’université de Calgary, y a-t-il un lien entre vos études et votre carrière?

A part ma carrière de mannequin et de comédienne, je suis tout à fait une femme d’affaire. J’ai fini mes études en "Oil and gas administration program" en 2007 au "CDI Collège" de Calgary. Je suis actuellement étudiante en "Communication and Culture" à l’université de Calgary. Ces deux domaines de la communication et de la culture m’aident beaucoup dans ma carrière.

Comme vous l’avez mentionné tantôt, vous êtes aussi un mannequin. Comment avez vous commercé dans le monde d’habillement?

Quand j’avais 16 ans, un styliste m’a longtemps regardé et m’a dit que j’avais les atouts pour devenir un mannequin. Tout cela s’est vraiment concrétisé en 2004 quand j’ai fais mes premiers pas dans la mode. J’ai d’ailleurs commencé cette carrière en dessinant d’abord les habits pour les stylistes avant de faire des défilés de mode proprement dits.

Vous avez été plusieurs fois invitée pour présenter des événements culturels, que ce soit au Canada ou aux États-Unis. En rapport avec ce travail, vous êtes tout le temps entre deux avions quittant une ville pour une autre. Comment arrivez-vous à obtenir tous ces contrats et à organiser votre vie?

C’est vrai que 2010 est une année très occupée pour moi. Mon travail nécessite une certaine organisation. Pour obtenir ces contrats, j’ai des agences qui me représentent et planifient les événements pour moi et j’utilise aussi des contacts personnels.

Sunday OmonyVous avez été la présentatrice de la dernière journée du festival "Afrikadey 2010"au mois d’août 2010 à Calgary. Vous avez réalisé ce travail devant des centaines et des centaines des personnes. Pouvez-vous nous dire quels sont les atouts pour être une bonne présentatrice d’événement culturel?

Je pense qu’il faut d’abord avoir confiance en soi même, avoir une certaine organisation et une bonne préparation au préalable. Il faut dire aussi que l’expérience aidant, on s’améliore avec le temps.

Vous travaillez donc plus dans la comédie et dans la mode. Quelles sont alors les difficultés que vous rencontrez en faisant les deux carrières?

La plus grande difficulté pour moi est un problème de programmation. IL est souvent difficile d’être à deux ou à trois événements culturels en même temps surtout quand ils se déroulent dans plusieurs villes différentes et lointaines. Cela me rends des fois triste de rater un événement particulier mais on a souvent pas le choix, il faut prendre une décision à un certain moment.

En 2004, vous avez fondé une organisation sans but lucratif appelée "Immigrant Empowerment Society", qu’en est-il au juste?

J’ai créée cette organisation pour combler un souci que j’avais depuis plusieurs années. Mon but était de mettre en place un environnement sain pour les jeunes, une plate forme qui leur permet de se faire connaitre, un endroit où les adolescents peuvent acquérir de l’aide avec leurs travaux journaliers de l’école par exemple, un endroit où ils peuvent rencontrer des nouveaux amis et d’autres personnes qui pourront avoir un impact positif dans leur vie future; de vrais modèles de la société. J’ai d’ailleurs organisé cette année une soirée appelée "Power Of Youth". La soirée avait pour but de célébrer les jeunes talents qui apportent un changement positif dans leurs communautés. Cette soirée était vraiment un succès.

Si on vous demandait de vous décrire vous même, que diriez-vous à toutes ces personnes qui ne vous connaissent pas encore?

Sunday Omony: je suis une fille qui aime les arts, la culture et surtout la mode.Je suis une fille qui aime les arts, la culture et la mode. J’aime la comédie parce que j’aime beaucoup rire et faire rire les gens. La mode est une vraie passion pour moi. J’aime plusieurs styles d’habillement et j’aime aussi être bien habillée. La mode change et évolue au fil des années; Ce sont justement ces changements et cette évolution qui m’excitent le plus. Oui, vos lecteurs seront aussi étonnés de savoir que je suis une fille timide surtout quand je me retrouve dans un cercle des gens que je ne connais pas. Je deviens des fois comme une petite souris (rires).

Si on vous demandait de regarder votre carrière plusieurs années en arrière. Qu’avez-vous appris et que feriez-vous différemment?

J’ai appris que le fait d’être soi même, naturelle et une bonne personne attirent aussi de bonnes personnes vers soi. Je continue jusqu’à présent à apprendre jour après jour de nouvelles choses. Si c’est à refaire, je ne changerais rien de tout ce que j’ai fait jusqu’à présent. Je ne me serais pas rendu aujourd’hui à cette étape de ma carrière si je n’avais pas suivi ce cheminement.

Quels sont vos projets d’avenir à court et à long terme?

Mon projet à court terme est de finir d’abord mes études à l’université de Calgary. Je vais ensuite orienter ma carrière beaucoup plus vers la mode. Je vais continuer à faire des défilés de mode pour le compte des femmes de taille forte. Je souhaiterai faire "l’enlever de rideaux" d’un de mes comédiens favoris. Hum, j’ai beaucoup des comédiens favoris (rires). Je souhaiterais un jour faire partie de la campagne contre la malaria ou le sida; donc travailler avec les Nations Unies. J’aimerais aussi aider les refugiés à travers cette même organisation; les refugiés sont des personnes vulnérables et ont vraiment besoin d’aide. Si je peux arriver à faire quelque chose pour eux, cela me rendra heureuse toute ma vie.

Nous avons abordé presque tous les aspects de votre personnalité mais quelque chose me dit que je n’ai pas épuisé tous mes sujets, y a-t-il quelque chose dont on à pas encore parler jusqu’à présent?

Oui, en effet j’ai écris un livre en 2004 qui s’intitule "ALL KIDS HAVE DREAMS" dans lequel, j’ai pu relater ma propre vie depuis mon arrivée au Canada. Je parle de tout ce que j’ai pu réaliser durant toutes ces années. Je recommande ce livre à vos lecteurs car il est intéressant.

J’ai dernièrement fait une séance des photos pour le compte de la société "Ember Arts". "Ember Arts" est une société qui travaille avec les femmes " Acholi" en Ouganda. Cette société apporte l’espoir d’une vie meilleure à ces pauvres femmes ougandaises. A ce jour, elles fabriquent de très beaux bijoux à l’aide du papier recyclé et du plastique. Elles ont maintenant la possibilité de nourrir leurs enfants, de payer leurs frais de scolarité et peuvent aussi reconstruire leurs maisons après toutes ces 23 années de guerre. C’est vraiment un honneur pour moi d’apporter ma contribution à ma communauté et de faire la promotion d"une organisation qui allège les souffrances des populations pauvres dans le monde.

Pour terminer, j’ai reçu à ce jour deux prix : le "Community Leadership award" de l’université de Calgary et un autre prix appelé ‘Certificate" pour avoir servi de secrétaire permanent pendant trois ans dans le comité de l’association ougandaise.

Tara Slone & Sunday Omony lors du festival Afrikadey 2010

Quelles sont alors vos meilleurs souvenirs à ce jour?

Comme vous pouvez l’imaginer, j’en ai beaucoup. Le plus grand et le dernier en date est la clôture du festival "Afrikadey 2010". Cette journée s’est passée devant des centaines et des centaines des personnes. J’en profite pour remercier l’organisation de ce festival de m’avoir choisie. Je remercie aussi ma Co- présentatrice Tara Slone de la chaine de télévision City Tv, avec qui nous avons fait une bonne équipe. C’était tout à fait génial de présenter ce festival avec un invité comme K’naan.

J’ai beaucoup des souvenirs dans ma carrière, on peut passer toute la journée ici à les énumérer et il me sera toujours difficile de choisir les meilleurs.

Avez-vous un dernier message pour les lecteurs de notre site qui vont vous découvrir?

J’aime beaucoup le site Afrikamérik. Le concept est tout à fait original et génial! Je vous remercie énormément pour le travail que vous faites. Je suis très reconnaissante de toute l’aide que vous allez apporter à ma carrière à travers cette entrevue. Je vous encourage à aller de l’avant surtout pour l’intérêt des arts et cultures africains ici en Amérique du Nord. Quand à mes frères et sœurs qui liront cette entrevue, je leur demande de continuer à nous encourager.

Ndlr : L’entrevue s’est passée en anglais et a été traduite en français par Didier Gangoma.

Pour plus de détails sur Sunday Omony:
www.sundayomony.com
www.myspace.com/sundayomony
www.facebook.com/therealsunday?v=info
www.modelmayhem.com/1532973

Article réalisé par Didier Gangoma

© Tous droits réservés, 2010

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